Signes de maladie cardiaque chez le chat et le chien
La maladie cardiaque reste longtemps silencieuse. Ce que l’on peut voir à la maison, comment compter la fréquence respiratoire au repos et ce qui n’attend pas.
Est-ce une urgence?
Une respiration difficile, un chat qui respire la gueule ouverte, des muqueuses bleutées, une syncope ou une faiblesse soudaine des postérieurs chez le chat n’attendent pas. Appelez et venez.
Ce qui rend la maladie cardiaque difficile, c’est son silence. Chez le chat et le chien, le cœur peut peiner pendant des mois, parfois des années, et ce que le propriétaire remarque en premier n’est souvent pas la maladie mais sa conséquence tardive.
Cette page porte sur ce qu’il faut observer à la maison. La façon dont l’examen se déroule est sur une autre page : échocardiographie.
Ce que vous pouvez voir à la maison
- Une respiration plus rapide au repos. Le signe le plus précoce et le plus fiable ; comment le compter figure plus bas
- Une difficulté à respirer, une respiration abdominale, une posture cou tendu et coudes écartés
- Une fatigue rapide. Des promenades qui raccourcissent chez le chien, un chat qui ne saute plus
- Une toux chez le chien, surtout la nuit et après s’être couché
- Des syncopes ou des épisodes semblables, souvent lors d’une excitation ou d’un effort
- Un abattement, le fait de se cacher, le désintérêt pour le jeu
- Une perte d’appétit et de poids
- Un abdomen distendu par du liquide
- Des muqueuses pâles ou bleutées
- Une faiblesse soudaine des postérieurs chez le chat, avec douleur et membres froids
Ce dernier point mérite d’être isolé. Chez le chat, un caillot formé dans le cœur peut se détacher et boucher l’artère qui irrigue les postérieurs. Le chat ne peut soudain plus s’en servir, crie de douleur, et les membres deviennent froids. C’est une urgence qui se compte en heures.
Un point compte : aucun de ces signes n’appartient au cœur seul. Les maladies pulmonaires, l’anémie, la douleur et les troubles hormonaux donnent le même tableau. Les distinguer demande un examen et de l’imagerie.
La mesure la plus utile à la maison
C’est ce qu’un propriétaire peut faire de plus précieux, et cela ne se fait presque jamais.
L’animal en sommeil profond, comptez une respiration comme une montée et une descente du thorax. Comptez trente secondes et multipliez par deux. Ne comptez pas juste après le jeu, par forte chaleur ou si l’animal est agité.
Moins de 30 respirations par minute au repos est normal. Au-dessus de 30 de façon constante pendant le sommeil, il faut vérifier ; au-dessus de 40, le jour même.
La valeur n’est pas dans un chiffre mais dans la tendance. Comptez quelques soirs par semaine et notez ; en quelques semaines vous connaissez la normale de votre animal, ce qui vaut mieux que n’importe quel seuil général. Chez un animal déjà diagnostiqué, l’accumulation de liquide dans les poumons se voit souvent d’abord dans ce chiffre, alors que l’animal paraît encore bien.
La méthode est détaillée dans mon chat respire vite.
Chez le chat
Chez le chat, la maladie cardiaque est sournoise. Les chats bougent déjà peu et lèvent le pied d’eux-mêmes quand cela devient difficile : le stade où l’on dirait « il se fatigue vite » n’est tout simplement pas visible.
La plus fréquente est la cardiomyopathie hypertrophique : l’épaississement du muscle cardiaque. Un cœur épaissi se remplit moins bien, la pression remonte en arrière, et du liquide finit par s’accumuler dans les poumons. Chez certains chats, cela ne donne aucun signe pendant des années.
Chez le chat, le premier signe est le plus souvent l’un de trois : une respiration accélérée, une paralysie brutale des postérieurs, ou une mort subite sans aucun avertissement. C’est pourquoi évaluer un chat avant l’apparition des signes a du sens, en particulier en cas de prédisposition de race ou de souffle audible.
Chez le chien
Chez le chien, le tableau change avec l’âge et la race.
Chez les petites races âgées, le problème le plus courant est l’usure progressive de la valve mitrale. La valve ne se ferme plus complètement, le sang reflue, le cœur s’agrandit et vient appuyer sur la trachée. D’où la trouvaille classique : une toux sèche qui augmente la nuit et après le coucher. Les propriétaires la décrivent comme quelque chose de coincé dans la gorge.
Chez les grandes races et certaines races précises, on rencontre la cardiomyopathie dilatée : le muscle s’amincit et perd sa force de contraction. Ici le premier signe est moins la toux que la fatigue rapide, l’abattement et les syncopes.
Les autres causes de toux chez le chien, et ce que son bruit indique, sont dans la toux du chien.
Ce qu’un souffle veut dire, et ne veut pas dire
Un souffle n’est pas une maladie, c’est un bruit : il indique que l’écoulement du sang dans le cœur est devenu turbulent.
Tous les animaux avec un souffle n’ont pas de maladie cardiaque. Les jeunes présentent des souffles innocents qui disparaissent avec la croissance, et l’anémie comme la fièvre en produisent aussi.
Et tous les animaux atteints n’ont pas de souffle. C’est particulièrement vrai chez le chat : une cardiomyopathie avancée peut ne donner aucun souffle.
Un souffle est donc une question, pas une réponse. La réponse vient de l’imagerie.
Le cœur ne s’évalue pas seul
Les maladies cardiaques arrivent rarement seules.
Chez le chat, la maladie rénale, l’hypertension et l’hyperthyroïdie influent directement sur le fonctionnement du cœur, et le tableau cardiaque ne s’améliorera pas tant qu’elles ne sont pas traitées. L’inverse est vrai aussi : chez un animal cardiaque, les modifications de la circulation retentissent sur les reins, et certains médicaments cardiaques modifient les valeurs rénales.
L’évaluation cardiaque se lit donc, si nécessaire, avec la mesure de la pression artérielle, les analyses de sang et d’urine, la radiographie et l’échographie abdominale.
Diagnostic et suivi
Le diagnostic vient de l’échocardiographie : les cavités, l’épaisseur du muscle, les valves et le flux sanguin dans le cœur, évalués par ultrasons.
Ce qui suit le diagnostic compte autant que lui. Une maladie cardiaque peut progresser, rester stable ou répondre au traitement, et seule la répétition des mêmes mesures permet de le voir. Le stade fixe l’intervalle entre les contrôles.
Entre ces contrôles, la fréquence respiratoire au repos que vous notez à la maison est le seul indicateur dont vous disposez.
Quand c’est une urgence
N’attendez pas devant :
- Une respiration difficile, ou un chat qui respire la gueule ouverte
- Des muqueuses pâles, grises ou bleutées
- Une syncope ou un effondrement
- Une faiblesse soudaine et un refroidissement des postérieurs chez le chat
- Une fréquence respiratoire au repos supérieure à 40
Nous sommes ouverts à toute heure. Si vous hésitez entre venir maintenant et attendre le matin, nuits et week-ends aide ; tous les signes d’urgence sont sur la page des urgences.
Questions fréquentes
La maladie cardiaque se guérit-elle
La plupart des maladies cardiaques ne sont pas réversibles, mais elles se gèrent. Le but du traitement n’est pas de supprimer la maladie mais de réduire la charge du cœur, de retarder l’accumulation de liquide dans les poumons et d’allonger le temps où l’animal se sent bien. Détectée tôt, cette période peut être longue.
On a entendu un souffle chez mon chat mais il n’a rien
C’est fréquent et les deux sont possibles : un souffle innocent, ou une cardiomyopathie qui ne s’est pas encore déclarée. L’auscultation ne permet pas de trancher. L’évaluation est conseillée même chez un chat jeune et apparemment sain, surtout si une intervention sous anesthésie est prévue.
Un animal cardiaque peut-il faire de l’exercice
Tout arrêter n’est ni nécessaire ni juste. Une activité courte et régulière, au rythme de l’animal, convient généralement ; la course soutenue et l’effort par forte chaleur, non. La limite dépend du stade et nous vous l’indiquons.
Faut-il passer à une alimentation sans sel
Ne changez pas l’alimentation de votre propre initiative. Le régime en cardiologie se planifie selon le stade, et une restriction au mauvais moment peut faire baisser l’appétit et nuire. Chez un animal cardiaque, continuer à manger passe avant la teneur en sel.
Le traitement cardiaque est-il à vie
Le plus souvent oui, et la dose n’est pas figée : elle s’ajuste sur les mesures des contrôles. N’arrêtez pas le traitement vous-même ; arrêter brutalement un traitement de l’insuffisance cardiaque peut ramener le tableau rapidement.
